Ragote, ragote... Il en restera toujours quelque chose..!
20 Février 2025
Et paf..! Plein cœur de cible ! Faut dire qu'il sait y faire, le Sorj ! Le jour d'avant, Une promesse, Profession du père, Le quatrième mur, Mon traitre, Retour à Killybegs, Une joie féroce, Enfant de salaud... C'est ce qu'on avait lu jusqu'à présent. Et voilà que déboule L'Enragé. (on a attendu sa parution en "Poche", rapport aux pesetas...)
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Faut croire que l'ovin est émotif. Parce les émotions sont au cœur de l'écrit, chez Sorj CHALANDON. Oh, pas les palpitations de midinettes. Du lourd. De la colère, du désespoir, de la solitude, de la douleur, mais, toujours une belle humanité, planquée en embuscade dans un coin mal éclairé. Jules BONNEAU (ça s'écrit pas pareil), le môme de la colonie pénitentiaire de l'île de Ré, a tellement dérouillé depuis son plus jeune âge qu'il n'est plus qu'une pelote de violence et de presque haine. La colonie pénitentiaire est ce lieu abominable où l'on soumet des gamins au régime des bagnes. Coups, tortures, humiliation constante (Sorj CHALANDON n'invente rien sur ce point. L'île de Ré a bien connu cette institution qui, jusqu'en 1977 fut l'une des hontes de notre bonne "république".)
Jules et Sorj s'invitent à la mutinerie de 1934. Lorsque 56 "colons" s'évadèrent et que tous furent repris, sauf un. Jules...? Et ces personnages, qui loin d'être parfaits, n'en sont pas moins lumineux. Ronan, Sophie, Alain, Pantxo... Parfois injustes, parfois brutaux, parfois lointains... Ils ont tous en commun d'être indigné-e-s par les salauds.
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Et si Jules est "L'Enragé", Sorj CHALANDON, dont le parcours personnel ne fut pas toujours facile, parait avoir gardé intacte, cette envie de lever le poing du révolté face aux douleurs de l'injustice. Relevons au passage ce salut sans grandes illusions, au libertaire basque:
"Il a enlevé son foulard noir, me l'a noué autour du cou. Je l'ai trouvé très beau, très pur. Je l'ai trouvé fragile aussi. Son sourire était celui d'un enfant. Ceux qui hurlaient "viva la muerte" allaient le dévorer."
Merci, monsieur CHALANDON, pour cette petite lumière que vous déposez sur le sentier plutôt sombre de ces temps inquiétants
Bouquinette