Ragote, ragote... Il en restera toujours quelque chose..!
9 Mars 2023
Nous ne rendrons pas hommage à l'artiste pour l'ensemble de son œuvre et, d'ailleurs, dans la discothèque de la pâture, nous ne disposons pas d'une seule galette vinyle ou CD, ni d'un seul fichier numérique qui rappelle les chansons de Marcel AMONT.
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Si j'ai eu l'envie de lui rendre hommage, c'est à cause d'une petite anecdote de ma petite vie. C'était en 1977 ou 78, je ne sais plus très bien, une fois encore, l'Armée intentait un procès à CABU, après la publication de son ouvrage "A bas toutes les armées". François CAVANNA avait, dans les colonnes de Charlie-Hebdo, appelé les lecteurs à venir les soutenir au Palais de justice de Paris. C'est en compagnie de deux brebis proches, que nous nous rendîmes au Palais, le jour dit. Devant la porte close de la salle où devait se tenir l'audience, nous attendions, tandis qu'à travers une vitre, nous apercevions CABU, CAVANNA et CHORON, co-inculpés. Dans le couloir nous devions être une bonne centaine à tranquillement attendre l'heure du procès lorsque fut prononcé le "huis clos". Nous vîmes CAVANNA, indigné, bondir sur une table et vociférer des propos que nous n'entendions pas. De notre côté, les quelques têtes médiatiques présentes étaient rares. Outre le habituels de l'équipe Charlie, il y avait COLUCHE, Maxime LEFORESTIER et... Marcel AMONT...
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Cette présence me déconcertait. Que faisait-il là, ce clown de farces populeuses que je considérais alors comme un messager de l'ignorance dominante..?
Il y eut peu de temps pour se poser la question. Dans les couloirs du Palais, une bande de Gardes Mobiles se jetait sur nous et dégageait à coup de matraques ces soutiens énervé-e-s qui commençaient à donner de la voix. Nous fûmes quelques uns à pouvoir rompre l'encerclement tandis que les autres étaient balancé-e-s cul par dessus tête dans l'escalier (la salle était au premier étage) Ni COLUCHE, ni LEFORESTIER, ni Marcel AMONT ne furent épargnés dans cette affaire.
Plus tard, alors que je m'étonnais de cette présence auprès de vieux camarades anars que je connaissais en ce temps, ils me dirent: "Ah, bon! Tu ne sais pas!? Marcel AMONT est un pote de BRASSENS, de CAVANNA, et il a toujours été sensible à la cause antimilitariste. Quoiqu'on en pense, c'est un homme de gauche, un vrai. Un fils de vieux communiste d'avant-guerre qui croyait encore en la révolution sociale.
Je n'ai jamais acquis un seul disque de Marcel AMONT et sa musique ne me manque pas. Mais je n'ai plus jamais regardé l'homme de la même manière. Alors aujourd'hui, nous lui disons, salut l'artiste et vive la vie et mort aux cons.
Axel de la Tonte