Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le Ragot des Moutons

Ragote, ragote... Il en restera toujours quelque chose..!

Il y a 150 ans...

Elle n'a pas encore totalement sombré dans l'oubli la Commune de Paris, mais il ne faut certes pas compter sur la cour de MANULEON Ier pour en célébrer l'anniversaire. Toute cette belle équipe, fort dévouée à Sa Majesté n'a d'ailleurs pas de temps à perdre. Il faut entreprendre au plus tôt de définir les éléments de langage qui soutiendront: 1) que Manu a raison, 2) que Manu a toujours raison, 3) que Manu a su procéder aux meilleurs choix pour gérer la crise sanitaire, 4) que seule sa réélection peut sauver la France du chaos.

Mais laissons un instant sur le banc de touche nos petits pantins de l'Exécutif et remontons le temps jusqu'au 18 mars 1871. Une autre Majesté, Napoléon III, autre grand ami des banquiers et des riches, a cru bon de conduire son empire d'opérette en guerre et l'armée impériale a reçu la fessée de l'armée prussienne. Sous le règne de ce triste Bonaparte, la condition ouvrière est terrible. On bosse 11 heures par jour pour péniblement survivre dans un état d'indigence. Paris est assiégé au cours de l'hiver 1870-1871. Un hiver très rude et bientôt, la famine s'installe dans la ville. Paris regroupe en ce temps une forte population ouvrière qui occupe le premier rang des souffrances populaires. La colère gronde au sein de ce petit peuple qui commence à évoquer le spectre des sans-culottes d'autrefois. A Versailles, le gouvernement provisoire signe la paix avec des prussiens qui proclament l'Empire allemand. A Paris, la pénurie voit les prix des denrées essentielles s'envoler. Il faut, dès le 22 janvier, faire intervenir l'armée pour réprimer la colère du peuple parisien.

Curieusement, il existe à cette époque, une institution armée composée de représentants du peuple. la Garde Nationale. Cette Garde est à l'image des communes ou quartiers où elle se constitue et, à Paris, de très nombreux ouvriers ont rallié les rangs de la Garde Nationale pour la défense de la ville, composant ainsi une force armée où l'effectif est bien plus populaire que bourgeois. Les Gardes Nationaux élisent leurs officiers et Paris a tenu le siège pendant 4 mois. Ils estiment alors que la hâte que manifeste la bourgeoisie à signer un armistice avec la Prusse impériale relève de la trahison du peuple. Ce peuple qui a renversé Napoléon III mais que la bourgeoisie va encore priver de sa victoire. Bon. cette fois, ça ne sera pas si simple. Depuis 1864, il existe une Internationale Ouvrière, l'AIT (Alliance Internationale des Travailleurs) et si le peuple parisien souhaite la paix, c'est avec le peuple allemand. pas avec Bismarck. Et puis la nouvelle Assemblée de cette toute nouvelle République se compose pour sa majorité de monarchistes et de bonapartistes. le peuple de Paris n'a aucune confiance en elle.

A Versailles, Adolphe THIERS, le Président du Conseil, a vite passé une fine couche de peinture tricolore sur ses convictions monarchistes et il craint beaucoup cette "populace" parisienne. Il estime urgent de la désarmer. Ainsi, dans la nuit du 17 au 18 mars 1871, des soldats pénètrent dans la ville avec l'ordre se s'emparer du parc d'artillerie de la Garde Nationale, installé sur la butte Montmartre.  Seulement sur la butte, ça réagit prestement. Et voilà le petit peuple et ses Gardes Nationaux qui rappliquent. Face à face un peu crispé et... voilà la troupe qui fraternise avec le peuple de Paris..! Certains soldats resteront et renforceront les rangs des combattants de la Commune. les autres s'en retournent à Versailles, rendre compte à THIERS de leur piteux échec.

Bon. On ne peut pas, ici, traiter de l'histoire de la Commune, tant elle fut dense en dépit de ses 72 jours d'existence. Il y eut d'abord les élections pour la désignation du Conseil de la Commune, dès le 25 mars. L'organisation du Conseil en diverses Commissions et un travail politique et social mené tambour battant. Annulation de la dette des locataires, allocations de pensions aux blessés, veuves de combattants, orphelins, réquisition des logements vides au profit des sinistrés, créations de cantines municipales, distribution de pain, de repas... Les mandats des élus sont désormais impératifs. Et ces mêmes élus deviennent révocables. La citoyenneté communale est accordée aux étrangers. Les Conseils d'arrondissements consultent les assemblées populaires, les clubs de débats politiques... La Commune déclare l'adoption du drapeau rouge, symbole de la République Universelle. La Commune adopte la revendication de l'Internationale Ouvrière sur l'émancipation des travailleurs. Élections dans les entreprises de Conseils de direction, adoption d'un salaire minimum. Il se crée l'Union des Femmes pour la défense de Paris. Le Conseil de la Commune commence à débattre de la mise en place de l'égalité salariale et du vote des femmes., reconnait l'union libre. La Commune réaffirme la liberté de la presse et les publications anti communardes continuent à librement paraitre. Les fonctionnaires seront désormais élus. Leurs salaires plafonnés et ils seront déliés du serment politique à la République. L'enseignement est déchristianisé et l'égalité salariale est instaurée entre hommes et femmes de l'enseignement. La Commune décrète la séparation de l’Église et de l’État et met fin au financement des cultes.

Du côté de Versailles, on dispose de 12.000 soldats. Mais Bismarck libère 60.000 prisonniers de guerre et Versailles recrute. Lorsque la Commune tombera, l'armée versaillaise comptera 130.000 soldats. Dès le 21 mars, Versailles passe à l'attaque. Les combats, tantôt sporadiques, tantôt violents, seront incessant jusqu'à la chute de la Commune, le 28 mai 1871 lorsque tombe la dernière barricade parisienne.

La suite sera baptisée de la douce appellation de "semaine sanglante". Selon les historiens, les estimations quant au nombre d'assassinats qui s'ensuivent varient de 10.000 à 30.000 morts. Puis il y aura les Conseil de guerre et les nombreuses condamnations, bagne, exil, emprisonnements... Cependant, la répression des communards n'entrainera pas un grand succès d'estime populaire. Ainsi, dès 1872, on verra survenir les toutes premières mesures d'amnisties...

Parmi les actrices et les acteurs de la Commune de Paris, il en est dont les noms sont entrés dans la grande histoire, tels les anarchistes Louise MICHEL ou Elysée RECLUS, le socialiste révolutionnaire Jules GUESDES, le peintre Gustave COURBET. Mais qui se souvient de Blanche de CORBIE, anonyme combattante des barricades, de Félicité PAUL, la brancardière ou de l'ouvrier typographe Armand HERPIN-LACROIX, qui fut un enfant abandonné..?

Louise MICHEL
Elysée RECLUS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Alors c'est en votre mémoire, vous les sans noms de la Commune, que ce soir, les Moutons Ragoteurs lèvent leur sabot gauche et chantent... "Tout ça n'empêche pas, Nicolas, qu'la Commune n'est pas morte..."

Gustave COURBET
Blanche de CORBIE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Armand HERPIN-LACROIX
Félicité PAUL

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Edith O'Rial

PS: Pour la circonstance, l'Union Syndicale SOLIDAIRES publie ce numéro des UTOPIQUES...

 

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article