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Le Ragot des Moutons

Ragote, ragote... Il en restera toujours quelque chose..!

Errare ovinum est

Autant vous prévenir, ça va bêler dans la longueur. Si vous êtes allergiques aux pensums de plus de douze lignes, pas la peine de vous lancer... Et puis, tiens, le titre..! Aucun rapport avec l'article. Juste un jeu de mots ovin fort médiocre. Enfin... Allons-y!

Il était une fois un monde obscène. Sur cette part de Terre où vivaient femmes et hommes noir-e-s, des bateaux s'étaient un jour profilés sur l'horizon marin. Puis des hommes blancs avaient débarqué. Oh! Bien sûr, la vie n'était pas idyllique avant leur arrivée. Des femmes subissaient le joug du pouvoir mâle, des hommes, des enfants portaient la marque infamante de l'esclavage... Mais tous partageaient plus ou moins les fruits de la Terre. On ne mourrait pas de faim. On ne mourrait pas sous les coups de brutes appointées pour extraire de l'humain toute la sève disponible et la placer au service de quelques riches marchands. Des marchands qui vivaient loin de la brousse. Fort loin, là-bas, loin du sang de la merde et des larmes.

L'habitude s'est installée. Porter le regard sur cette humanité noire, c'était la considérer comme dépendante. Son devenir ne pouvait qu'être conditionné par les progrès qui naissaient dans le monde blanc. Le progrès..! Que de turpitudes lui doit-on à ce mot! C'est en son nom qu'on a dévasté la Terre, qu'on a mené d'innombrables guerres, qu'on a écrasé des peuples entiers. Ce progrès, toujours serviteur de l'enrichissement sans limites de quelques-uns, pouvait-il être vertueux? La science et sa démarche de Raison sont en soi admirables. Mais qu'elle se trouve asservie aux profits des puissants et la violence des pouvoirs croitra au même rythme que la technologie.

La cupidité a dévasté la terre entière. Et sur la terre des peuples noirs, l'homme blanc s'est approprié toutes les richesses. Il a vendu son simulacre de liberté, de démocratie, à quelques nouveaux esclaves grassement rémunérés pour entretenir l'ignorance et la soumission. Il a sous traité cette soumission aux "pouvoirs divins" sous la houlette de clergés corrompus... Et la Terre s'est épuisée. Au prix de ravages sans précédents, on lui a fait cracher, à cette Terre, bien plus qu'elle n'en pouvait supporter. Il a fallu pour cela massacrer des forêts, des plaines, des montagnes; tuer des humains et des bêtes par milliers; souiller les sources, les fleuves et les océans; empoisonner les airs... Et nous voilà, en ce XXIème siècle, entrés dans l'ère de la décadence. Notre planète, peu à peu, devient une fournaise. Les plus riches s'emparent des zones propices à la survie tandis que les plus pauvres, eux, cherchent juste à survivre. Leurs terres sont arides, leur bétail est mourant, leurs sources sont taries, leurs peuples sont décimés par des guerres qui dissimulent leurs intérêts économiques derrière l'image d'un dieu courroucé.

C'est par milliers qu'ils la quittent, leur terre. C'est par millions qu'ils la quitteront demain. On leur a déjà tout pris. Il ne leur reste qu'une vie pour laquelle ils luttent encore. Alors on dresse des murs, on s'empresse de barbeler des frontières. On les réduit à la misère mais... "On ne peut pas accueillir toute la misère du monde!". Alors ils meurent. En traversant le désert, en traversant l'océan, en implorant la clémence de leurs dieux dérisoires. Les quelques-uns qui parviennent à s'installer dans notre monde "moderne", "démocratique", "civilisé", dans notre répugnant temple de la consommation où Moïse, Jésus, Mohamed et Bouddha en personnes sponsorisent les marchands, ces quelques-ceux sont inexorablement happés par le miroir aux alouettes. Et pour se sentir exister, comme tous ces blancs qu'ils croisent dans les rues de nos cités aux secrets bancaires, ils s'habillent de "sportwear", fréquentent des "fastfood", se dotent de "smartphones" et déconstruisent, à leur tour, les restes de solidarité sacrifiés sur l'autel de l'ego.

C'est le monde que l'on vous laisse, mes agneaux! Depuis longtemps déjà, il était un monument d'injustice. Le voilà devenu un enfer. Démerdez vous..! La civilisation du profit entame son effondrement. Comme lorsque avant se sont effondrées les civilisations antiques, précolombiennes, les institutions périront mais la vie continuera probablement. Mais cette fois, le choc sera plus dur. Il n'y aura pas de place au soleil pour tout le monde. Peut-être que le choc engendrera un monde plus juste, va savoir..? Mais il reste à le subir, ce choc. Allez! C'est la volonté de dieu, ite missa est, amen, rompez les rangs.

En attendant, on va encore rire. On va encore goûter avec délice tous ces petits bonheurs... Un ami qui vient, une main posée sur la nôtre, une musique qui raconte des histoires douces, un livre qui nous accompagne à l'autre bout du monde, un petit vent marin au sommet d'une falaise d'Irlande... On va encore rire à gorge déployée; de grands rires d'enfants émerveillés, de grands rires cyniques devant le mensonge, l'ignorance et le chaos. Et on va lutter. Pour que nos rêves ne meurent pas avec nous. Pour que, peut-être demain, ils soient portés à l'ordre du jour d'un monde renaissant.

Axel de la Tonte

 

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Commenter cet article

I N 16/12/2020 15:49

... S'il vous plait...

Axel de la Tonte 17/12/2020 23:48

Désolé... pas vu plus tôt. Partager... Bien sûr et surtout, merci pour l'intérêt porté aux pensées ovines, pensées rouges et noires pour moutons noirs et pour ne pas sombrer dans les idées noires...

I N 16/12/2020 15:44

Puis-je partager ?

I N 15/12/2020 13:19

Excellent... Tout y est...
Avec un petit Léo en prime...
Un grand MERCI..!
https://www.youtube.com/watch?v=9OVM2WshZh0&feature=emb_logo