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Le Ragot des Moutons

Ragote, ragote... Il en restera toujours quelque chose..!

Crève Ducon !

C'est un livre, c'est un hommage, c'est un monument, c'est des livres, c'est un des phares dans la grisaille d'une jeunesse incertaine, c'est François CAVANNA.

Et là, c'est ce dernier bouquin, ce chant du cygne d'un vieil homme qui attend la mort avec toujours la même rage. Il n'a pas peur. C'est tellement vain. Mais il aime tellement la vie. Il est athée jusqu'au dernier souffle alors, forcément, c'est pas facile l'idée de la quitter cette vie. CAVANNA revient sur ses amours, ses rêves, ses combats, avec toute la colère et la tendresse du "Rital" qui avait commencé à se raconter en 1977.

"Je ne me fais sur mon compte aucune illusion, du moins le crois-je. Il m'arrive de rougir de moi et de souhaiter être mort à l'évocation brutale de certaines scènes du passé... Eh bien ce scélérat, cette ordure, ce triste salaud qui est en moi, je finis par me rendre compte que quoiqu'il en soit, je l'aime." (Crève Ducon, p. 223 - 224) Et ce serait une erreur d'y voir un quelconque narcissisme. C'est bien de son amour de la vie dont parle François CAVANNA.

Axel nous contait, qu'il y a déjà pas mal d'années de cela, il avait eu le bonheur de recevoir une réponse à un courrier qu'il avait adressé, sans illusion, à la rédaction de Charlie Hebdo, au nom du Rital. Et il se faisait engueuler notre Axel. Il gémissait alors sur un épisode de vie plutôt sombre et CAVANNA lui répondait... Mais enfin, merde! Tu es vivant et tu as envie d'aimer, de prétendre à un minimum d'intelligence. De quoi te plains-tu? Tu disposes de l'essentiel pour donner du sens à la vie...

BRASSENS et aux choeurs, LEFORESTIER, MOUSTAKI, BERANGER, Marcel AMONT, CAVANNA...

Il est des commentateurs pour évoquer un lien stylistique entre CELINE et CAVANNA. Peut-être peut-on relever un goût commun pour une écriture incisive, sans fioritures. Mais là s'arrête toute comparaison. Là où Louis-Ferdinand DESTOUCHES exsudait la frustration l'aigreur et la haine, François CAVANNA nous conte la tendresse, la poésie et la rage de vivre à en mourir.

Il est mort le 30 janvier 2014, le Rital. Il avait 90 balais et depuis déjà un certain temps, il se battait contre cette "salope de Parkinson" qu'il a défiée tant qu'il a pu écrire. Nous autres, humbles Moutons Ragoteurs, espérons que son nom restera gravé au Panthéon des grands écrivains humanistes et libertaires, tant qu'il y aura des hommes (et des femmes, hein..! C'est juste pour le style...)

 

Bouquinette

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Il Etait Une Fois Ysambre 17/06/2020 15:50

https://www.youtube.com/watch?v=VF2t47EIbDA
Lien pour le sieur Axel de la Tonte. Comme je ne sais pas où le poser, je le fais ici.
Bien le bonjour à tous les Moutons Ragoteurs.

Pour revenir à Cavanna, je me souviens d'avoir lu son Histoire de France revisitée, ouvrage que l'on m'avait prété et avait beaucoup apprécié.

Axel de la Tonte 18/06/2020 01:03

Un grand merci des Moutons Ragoteurs pour cette agréable balade en compagnie de Charlélie. Cet artisan des mots ciselés est, de longue date, une référence ovine. Pas de ces références tonitruantes et révoltées que nous affectionnons mais des références poétiques qui dessinent des sourires à la vie. On est un peu plus réservés sur l’œuvre de l'artiste plasticien... indiscutablement, il y a du boulot mais où se trouve la frontière entre l'art et l'évocation symbolique...? Pour Charlélie, nul doute sur le fait que l'appellation d'artiste lui colle à la peau et qu'il en donne une définition qui nous plait... c'est celle ou celui qui trouve le moyen d'exprimer une émotion ordinaire, comme nous en éprouvons tous... avec des mots, des traits, des couleurs...
Sinon, Cavanna..? Ah, Cavanna..! Il fut l'un des plus tendres et virulents bergers qu'aient jamais connu les Moutons Ragoteurs... On lève nos abreuvoirs à la mémoire du Rital...